Palier, 2021, édition
Les formes en latence
Il y a des formes qui existent.
Certaines qui n’existent plus.
D’autres dont on ne saurait dire si elles ont vraiment existé.
il y a des formes en errance, des formes abandonnées. Elles sont incertaines car on ne sait pas dans quelle temporalité ni sur quel corps les fixer. Le corps a fui quand l’enveloppe de tissu est restée.
Ninon Hivert observe ces formes en négatif, qui, le plus souvent, sont des vêtements. Elle les photographie, constitue une archive d’images.
L’artiste a décidé d’en sélectionner certaines et de les réunir dans une édition. Celle-ci prend la forme d’un journal, comme celui qui pourrait nous être distribué à l’entrée du métro, qu’on lit distraitement, puis que l’on abandonne sur un siège vide. Les photographies sont présentées en pleine page, avec une simple indication de la date et de l’heure de la capture de l’image.
On comprend l’idée d’un regard vacant qui s’arrête sur des éléments qui le perturbent.
Le journal s’appellera Paliers. Le palier est ce qui sépare deux escaliers, et qui permet la distribution vers de nouvelles pièces. Il y a là l’idée d’une zone transitionnelle conçue pour séparer des trajectoires et offrir la possibilité d’un nouvel espace. Ces vêtements et objets abandonnés sont des paliers dans la réalité. Délaissés, ils offrent la vision d’existences passées inconnues et au devenir encore incertain. Ils produisent des espaces fantasmés, laissés vides par une présence qui les a, un jour, habitée.
Thomas Maestro, 2021



